The Dark Knight ~ Le Chevalier Noir de Gotham City (enfin le trailer, joyeux noël !!)

Et voici enfin le premier vrai trailer* de The Dark Knight de Christopher Nolan, qui n’est autre que la suite de Batman Begins, et toujours avec Christian Bale.
Vous pouvez voir le trailer dans différentes résolutions au format Quicktime ici : ComingSoon.net

Nous pouvons enfin y découvrir le nouveau Joker interprété par Heath Ledger. Personnages bien déjanté qui place la barre assez haute en termes d’interprétation. Celle de Nicholson dans le Batman de Tim Burton datant de 1989 y aidant fortement. Le trailer est essentiellement axé sur lui. Le Joker étant le grand « méchant » auquel Batman doit régulièrement faire face dans les comics, ce n’est donc pas étonnant que la bande-annonce le montre plus lui que Batman. Car il faut le reconnaitre, en termes d’attente, c’est bien le Joker la star de ce second opus des nouvelles aventures du justicier de Gotham City. Le teaser** nous présentait simplement le logo de Batman sur un fond lumineux bleu venant se projeter contre le logo alors qu’en audio on entend des paroles prononcées par Bruce Wayne puis le Joker. Le teaser se termine sur le rire du Joker alors que le logo de Batman vole en éclat. Cela annonce bien la couleur : Batman va rencontrer un ennemi qui va vraiment lui en faire baver.

Sur le plan de la réalisation, la manière dont Nolan s’est approprié pleinement le personnage et sa mythologie est absolument fabuleuse. A des années lumières des dérapages clipesques/flashy des films de Joël Schumacher tant descendus par les fans, le Batman de Nolan s’inscrit dans une volonté de crédibilisation du personnage, à l’image des comics qui ont évolués vers des scénarios plus adultes, plus ancrés dans le réel, dans le quotidien des citoyens lambda. En reprenant les origines du personnage, Nolan veut que le public s’identifie à Bruce Wayne, qu’il comprenne les événements qui ont jalonnés sa vie et qui l’ont lentement façonnés pour faire de lui l’homme qu’il décidera de devenir quand il portera le masque et choisira de s’incarner en symbole de sa plus grande peur. C’est également un très bon choix que de l’avoir fait se confronter à son ennemi l’Epouvantail, alias Jonathan Crane, psychiatre de l’asile Arkham de Gotham City. C’est le thème central du film : la psychiatrie des personnages. Au-delà du thème de la Peur évoqué à travers celle de Bruce Wayne pour les chauves-souris et celle, plus générale, créée par le Gaz de la Peur de l’Epouvantail c’et bien la psychiatrie elle-même dont il est question dans Batman Begins. Quels sont les éléments constitutifs de notre mental ? Comment les événements nous marquent et nous façonnent pour faire de nous ce que nous sommes ? La réalisation de Nolan et une réalisation lente, qui se met en place petit à petit, comme la psyché de Bruce Wayne, de la mort de ses parents jusqu’à sa rencontre avec Ra’s Al Ghul et son retour à Gotham City.

Au fur et à mesure que le film avance, nous devenons les témoins du « dérapage » psychologique*** de Bruce Wayne et de l’incapacité de ce dernier à faire le deuil de ses parents et à gérer la frustration engendrée par son incapacité à venger leur mort, leur assassin étant abattu sous ses yeux alors qu’il s’apprêtait lui-même à le faire. Ainsi lorsque Bruce Wayne revêt le costume de Batman, il devient clair qu’il est aussi perturbé que les ennemis qu’il affronte. Le Joker le dit d’ailleurs très bien dans ce nouveaux trailer :

batman03.jpg

« You’re a freak ! ….. Like me ! » / « Tu es un monstre ! … Comme moi ! »

Et il a parfaitement raison. La seule différence entre Bruce Wayne/Batman et les dérangés qu’il va combattre ce sont ses proches. La seule chose qui le différencie des criminels sont ses proches qui le soutiennent dans sa croisade. A commencer par ses propres parents. C’est justement le souvenir de leur amour qui va le pousser à rester du « bon » côté. L’amour de ses parents et la présence paternelle permanente d’Alfred vont lui servir de bouée de sauvetage à laquelle il va se raccrocher alors que sont traumatisme et sa soif de vengeance l’ont poussés jusqu’à devenir un disciple de Ra’s Al Ghul. Au moment de sa cérémonie d’intronisation, il fait le choix de ne pas tuer le villageois. Car justement et selon ses propos, cela voudrait dire qu’il ne vaut pas mieux que les ennemis qu’il souhaite combattre. Tuer cet homme et rejoindre la Ligues des Ombres était un choix qu’il avait à faire. Il le refusa et se rebella contre son maître, père d’un instant, qui lui appris à vaincre sa peur et l’a pourtant aidé à acquérir ses compétences. Et c’est bien à cet instant précis que naït Batman et que Bruce Wayne devient cet être unique et surréel. Le costume qu’il va se dessiner, et plus encore le masque, devient sa manière de nourrir se traumatisme dans lequel il a sombré. Bruce Wayne le dis d’ailleurs à Alfred dans l’avion qui vient le chercher ensuite : il prétend devenir un justicier masqué, un symbole. Et pour ce faire il va prendre l’image de sa plus grande peur, peur qui le suivait depuis l’enfance et dans laquelle il va s’enfermer, voire même habiter. Et pour référence à cet argument la magnifique séquence ou Bruce Wayne descend pour la première fois dans cette grotte qu’il va devenir sa « Batcave » et où des centaines de chauves-souris l’accueillent en volant autour de lui. Elles ont peur. Et lui aussi, prostré par terre. Puis finalement il se relève lentement, porté par ce choix qu’il a fait dans les montagnes, et peut-être aussi par la puissante musique composé par Hans Zimmer et James Newton Howard. Musique grandiose, puissante, complexe, qui est la parfaite illustration sonore de la psyché de Bruce Wayne. Debout au milieu de toutes ces chauves-souris, les bras en croix, les yeux fermés et respirant profondément, nous découvrons un Bruce Wayne en extase, qui dans la noirceur de cette grotte trouve sa propre voie, accède à sa propre illumination. Qui de Bruce ou Batman subsiste ? Le dégoût avec lequel Bruce Wayne se prête aux activités du « golden boy » qu’il est porte à croire que Bruce Wayne est bien mort, et qu’il n’est plus que le masque que porte Batman pour pouvoir vivre et exister.

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Nolan affectionne d’ailleurs énormément les personnages asociaux, psychologiquement déviants. Ses films sont tous axés sur ce même questionnement de la santé mentale et des éléments constitutifs de notre identité. Memento en est un parfait exemple. Le personnage de Leonard, suite à une agression qui résulte sur le meurtre de sa femme, perd la capacité de « mémoire immédiate » (ou instantanée je sais plus…). Il se rappelle très bien les événements avant l’accident, mais depuis impossible de se rappeler de ce qui se passe plus de 30 minutes en arrière. Malgré ce handicap il décide de mener sa propre enquête pour retrouver le meurtrier de sa femme. Pour se rappeler des indices qu’il découvre il se laisse des notes et se tatoue les conclusions sur son corps. Sans spoiler, le dénouement du film pose bien les problèmes de cette santé mentale, de ce qui fait de nous ce que nous sommes : nos souvenirs. Et Le Prestige ne déroge pas à la règle. Quel homme serait devenu Bruce Wayne s’il avait accepté de tuer ce villageois dans le temple de la Ligue des Ombres de Ra’s Al Ghul ? Il serait devenu comme Robert Angier, le prestidigitateur interprété par Hugh Jackman dans Le Prestige. Angier cherche à venger la mort accidentelle de sa femme causé pendant une représentation par son rival Alfred Borden. Au fur et à mesure de leur affrontement, Angier se laisse aveugler par la vengeance et la soif de compétition et de suprématie. Lors d’un emportement il dit même qu’il n’en a plus rien à faire de sa femme ; que seul compte comment trouver le « truc » du fabuleux « tour » de son adversaire. La vengeance va devenir obsessionnelle et le pousser au meurtre. Il va totalement perdre son humanité une fois franchi ce pas, allant jusqu’à se tuer lui-même, jusqu’à tuer cette humanité qui lui rappelle sans cesse le passé. Comme pour Leonard dans Memento ou Henri Ducard dans Batman Begins interprété par Liam Neeson, le poids des souvenirs est devenu trop lourd à porter. Les souvenirs mettent ces hommes face à leur responsabilité, à leurs actes, tel un inquisiteur. Pour échapper à la culpabilité ils n’ont d’autres choix que de les éradiquer, de faire table rase du passé. Ce que font Angier, Leonard et Ducard. Pour citer ce dernier :

« Cette insupportable colère qui étouffe le chagrin au point que le souvenir de l’être aimé n’est plus qu’un poison dans tes veines. Et un jour tu te surprends à souhaiter que la personne aimée n’aie jamais existée… pour être libéré de ta peine ».

Chez Nolan, l’homme est défini par ses souvenirs mais également par ses actes, comme Rachel l’énonce à Bruce Wayne. Ce sont justement les actes qui deviennent donc souvenirs et vont constituer l’être que nous sommes. Deux choix s’offrent alors à nous : accepter ses souvenirs et l’être qu’ils font de nous ou les renier jusqu’à leur effacement et devenir un monstre vide à l’humanité vacillante.

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« Qui que l’ont soit au fond de nous, nous ne sommes jugé que par nos actes ».

 

 

PS: Je me suis retenu sinon j’étais parti pour écrire un bouquin sur Nolan…😉

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* Trailer : terme anglais désignant la bande-annonce d’un film. Littéralement : la remorque.
** Teaser : terme anglais désignant une pré-bande-annonce, ne dévoilant généralement pas beaucoup d’images du films (voir même aucune). Le teaser et censé être plus court qu’un trailer et est également censé sortir en premier. Littéralement : l’aguicheur, le taquineur.
*** Il y a surement un terme plus technique mais n’ayant pas fait psycho à la fac je ne le connais pas, désolé…

~ par Shura2099 sur 25 décembre 2007.

2 Réponses to “The Dark Knight ~ Le Chevalier Noir de Gotham City (enfin le trailer, joyeux noël !!)”

  1. Vivement sa sortie !!

  2. tres impressionant cette page sur nolan,en effet ,tu aurais du ecrire un livre sur lui mais il n’est pas encore trop tard.tous ce que tu dis est vrai ,encore bravo.

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